La 22e session du Comité de Pilotage du Bureau de Mise à Niveau s’est tenue le 02 mai 2019 à Yaoundé.

Le propos de circonstance du président du Comité de pilotage (Copil) du Bureau de mise à niveau des entreprises à l’ouverture le 02 mai 2019 à Yaoundé, de la 22e session du Copil, témoigne à suffisance du caractère stratégique de cette institution comme adjuvant du Cameroun dans sa marche vers l’émergence. Le Pr Isaac Tamba qui s’est félicité du déploiement du BMN sur le terrain, a indiqué que cette session « se tient dans un contexte marqué par la mise en place prochaine de la zone de libre échange continentale africaine (ZLECA) décidée par les chefs d’États et de gouvernements de l’Union Africaine ».

Une formidable opportunité pour des entreprises nationales compétitives, autant qu’une sérieuse menace pour celles non armées pour se déployer dans un environnement économique teinté d’une double concurrence. En sus de celle consécutive à l’avènement à venir de cette ZLECA, il y a déjà l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne (APE) entrée en vigueur le 05 août 2016.

Pour celui qui est par ailleurs Directeur Général de l’économie et de la programmation des investissements publics au ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), « plusieurs défis restent à relever dans le cadre du renforcement de la compétitivité des entreprises en vue de tirer tous les bénéfices que leur offrent la libéralisation des échanges tant sur le plan sous-régional, régional, que mondial ».

Dans cette perspective, la 22e session du Copil du BMN a examiné deux questions majeures. La première est relative à l’achèvement en fin d’année, du Programme Industrialisation et Valorisation des Produits Agricoles (PIVPA). Un programme financé à hauteur de 07 milliards de FCFA par le truchement du troisième C2D (Contrat Désendettement Développement) conclu le 30 juin 2016 entre le Cameroun et la France, dans le cadre de l’effort supplémentaire d’annulation de la dette du pays vis-à-vis de Paris.

Le second sujet d’intérêt majeur est l’implémentation de la deuxième mission du BMN qui est la restructuration des entreprises conformément à la résolution R12.21.13 de la 21e session du COPIL tenue le 17 décembre 2018. Un chantier non moins important au vu de la santé de nombre d’entreprises nationales.

Le président du Copil a souligné « le déploiement très visible du BMN sur le terrain » durant l’inter-session et a félicité le Directeur, Chantal ELOMBAT MBEDEY, pour la qualité des documents transmis.

 

Réaction

Alain Blaise BATONGUE, Secrétaire Exécutif du GICAM, membre du Copil/BMN

Nous avons de gros espoirs

De manière générale, le regard que nous posons sur le processus de mise à niveau des entreprises camerounaises, est à la fois un regard d’inquiétude et d’espoir. Inquiétude parce que nous sommes dans une mouvance générale où il faut promouvoir et protéger l’industrie nationale, et en même temps, qu’il faut identifier des secteurs pour faire en sorte que la grosse pression venant de l’extérieur puisse être dissipée. De ce point de vue, on a de gros espoirs parce que nous avons reçu au niveau de l’ensemble des organisations patronales, il y a quelques semaines, un courrier du ministre du Commerce, relayant des instructions du Premier ministre, demandant que nous puissions faire des propositions en vue de l’identification d’un certain nombre de produits qui nuisent à la promotion de l’industrie nationale. Nous y avons travaillé et nous avons envoyé nos propositions et dans les prochains jours, nous serons convoqués pour une réunion d’échanges pour retenir les éléments essentiels. C’est en cela que le Bureau de mise à niveau prendra une importance plus grande, parce qu’il faudra remettre à niveau les entreprises dans les secteurs qui ont été identifiés pour être plus performants. On a parlé du secteur agroalimentaire qui est le secteur phare, mais il y en a d’autres. Aucun pays au monde ne s’est véritablement développé sans une maitrise de l’industrie nationale. Nous avons un certain nombre d’éléments qui nous permettent de penser que depuis la mise sur pied du nouveau gouvernement et du nouveau Premier ministre, cette tendance va se renforcer et donc que le BMN prendra une place de plus en plus importante.