Bureau de Mise à Niveau des Entreprises Camerounaises

Allocution de Monsieur le Ministre de l’Economie lors de la rencontre MINEPAT – SECTEUR PRIVE

21/04/2016
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Monsieur le Gouverneur de la région du littoral ;

Monsieur le Préfet du Département du Wouri ;

Mesdames et Messieurs les Présidents des groupements d’entreprises ;

Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux de société et chefs d’entreprises ;

Mesdames et Messieurs les opérateurs économiques ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs

C’est pour moi un réel plaisir et un agréable devoir de prendre la parole ce jour, à l’ occasion de la concertation entre le ministère de l’économie, de la planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) et le secteur privé.

Avant toute chose, permettez- moi de vous souhaiter une chaleureuse bienvenue dans cette salle du GICAM, et de vous exprimer mes vifs remerciements pour avoir répondu à notre initiative. Votre présence à cette rencontre exprime sans doute votre intérêt au dialogue public-privé, indispensable à l’accélération de la croissance économique.

Mesdames et Messieurs les opérateurs économiques ;

Le Cameroun a élaboré et adopté en 2009, le document de stratégie pour la croissance et l’Emploi (DSCE), notre principal cadre de référence et d’actions sur la décade 2010-2020, lequel nous dicte les priorités actuelles de la politique économique du Cameroun. Le DSCE a mis un accent sur le rôle du secteur privé comme principal moteur de la croissance économique. A travers ce choix, le Gouvernement a fait du secteur privé, un levier essentiel de la transformation économique et de l’amélioration des conditions de vie des populations.

C’est en tenant compte de cette orientation que nous nous sommes rencontrés ici même à Douala, en 2010 pour débattre du rôle de l’entreprise dans la stratégie pour la croissance de l’emploi du Gouvernement. Nous avions abordé plusieurs questions, au rang desquelles la diversification de notre économie, le renforcement des capacités de nos entreprises, l’amélioration de notre compétitivité et l’environnement des affaires, le développement de l’accès aux marchés et la diversification des sources financement.

Ces problématiques, pourtant essentielles, semblent ne pas encore avoir bénéficié de la place qui leur revient dans l’implémentation des politiques publiques, car compte tenu du déficit important en infrastructures, les premières années de la mise en œuvre du DSCE ont principalement été consacrées à la réalisation des grands projets structurants, indispensables à la baisse des coûts des facteurs de production et de l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises.

Ces projets structurants, vous les connaissez et je ne crois pas devoir les citer à nouveau ici. Il y a néanmoins lieu de rappeler pour s’en féliciter, que malgré un contexte international peu favorable, les effets induits de la réalisation de ces grands projets sur la demande intérieur ont fortement contribué à la résilience de notre économie, qui a enregistré un taux de croissance moyen de 5% entre 2010 et 2015.

Mesdames Messieurs ;

Au moment où la plupart des grands projets arrivent à maturité, ce qui permettra d’améliorer de manière qualitative et quantitative l’offre de service dans les secteurs concernés, des conditions favorables au regain de l’investissement privé, notamment la baisse des coûts des facteurs de production, sont ainsi mises en place.

Toutefois, outre la persistance de certains goulots d’étranglement tels que les capacités de transport d’énergie vers les zones industrielles encore insuffisantes, l’enclavement et la faible structuration des bassins de production, de nouveaux chocs exogènes s’imposent à notre économie. Il s’agit notamment de la chute des cours des matières premières, des crises sécuritaires à nos frontières, mais également de l’entrée en vigueur de l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne.

A titre de rappel, les cours du pétrole ont chuté de près de 46% entre 2014 et 2015, et se situe de nos jours en dessous de 40 dollars le baril. De même, l’indice global d’évolution des cours des autres produits d’exportation a baissé de 5,1% sur la même période. Il s’agit spécifiquement des baisses des produits du bois de 2,1%, de coton de 17%, du café robusta 14%, de l’aluminium de 11% et du caoutchouc de 8%. La conséquence de cette situation sur notre commerce extérieur est une baisse de recettes d’exportation de 6%, bien que nous ayons enregistré une hausse des volumes des principaux produits exportés.

Par ailleurs, les crises sécuritaires ont fortement entravé les exportations de plusieurs de nos entreprises vers les pays de la sous-région, quand bien même ces produits ont, au cours des dernières années, gagné dans ces pays des parts de marché importantes. Il s’agit notamment des produits tels que les savons, les produits agroalimentaires, les boissons, le ciment, les autres matériaux de construction comme les tôles et le fer.

Outres ces contraintes externes, il nous a été donné de constater dans le cadre de la surveillance économique, la résurgence de la concurrence irrégulière de certains produits importés, qui s’est traduite au cours des dernières années par la concurrence déloyale, des pratiques du dumping et la contrebande. Une situation qui a fortement comprimé l’expansion du tissu industriel local et a notamment affecté la filière des oléagineux. Celle-ci a quasiment été sinistrée en 2015, du fait de la concurrence des huiles raffinées importés, en violation des normes prévues par la réglementation en vigueur. Fort heureusement, certaines mesures prises après concertation entre le Gouvernement et les associations professionnelles de la filières, ont permis de juguler ces menaces.

Enfin, avec l’entrée en vigueur dès le mois d’août de cette année, de l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne qui induira entre autres le démantèlement des barrières douanières, nous devons être conscients que certains secteurs de notre économie seront particulièrement exposés. Une première réponse du Gouvernement à cette situation a été la mise à niveau des entreprises à travers la création d’un bureau spécialement dédié à cette question. Je vous annonce d’ailleurs la restitution au cours de la présente rencontre, par le Bureau de Mise à Niveau, de deux études relatives aux positionnements stratégiques des filières agroalimentaire et chimique. Les résultats et les recommandations de ces études, ainsi que vos suggestions permettront d’identifier les actions et les mesures susceptibles d’être envisagées ou prises, en vue de l’amélioration de la compétitivité desdites filières. La question du financement demeurant une des principales contraintes à la mise à niveau de nos entreprises, une concertation y relative, que je présiderai personnellement, est prévue cet après-midi, à laquelle les milieux d’affaires concernés sont conviés.

Mesdames et Messieurs les opérateurs économiques

Le Ministère de l’Economie, et de planification et de l’Aménagement du Territoire, qui a la charge de la mise en œuvre de la politique économique de la nation doit être, comme j’ai coutume de le rappeler à mes collaborateurs, à l’écoute des opérateurs économiques, oui à votre écoute. Sans attendre, nous devons aujourd’hui, dans le cadre d’un dialogue constructif, identifier les mesures de riposte contre les menaces et chocs que je viens d’évoquer.

Les éléments de réponses efficaces à ces chocs, passent nécessairement entre autres, par la transformation locale de nos produits bruts, une des priorités du président de la République, son Excellence Paul Biya. Ce qui permettrait à notre pays non seulement de se prémunir contre les fluctuations des cours des matières premières, mais également de promouvoir une plus grande diversification de son économie et un meilleur positionnement dans la chaîne des valeurs mondiales. Ces questions seront approfondies au cours des ateliers thématiques de cet après-midi, auxquels je vous invite à participer de manières active et constructives.

Dans le cadre de l’écoute dont j’ai parlé tout à l’heure et que vous bénéficierez désormais du Ministère de l’Economie, nous n’hésiterons pas à vous apporter, dans le cadre de la distribution des rôles des uns et des autres, toutes formes d’accompagnement et même d’appuis directs, dont vous auriez besoin pour la conduite de vos activités, à l’effet d’atténuer autant que possible l’impact des menaces auxquelles vos entreprises sont exposées. Je sais également qu’une forme de « patriotismes économiques » est attendue de nous. Nous y réfléchissons, convaincus qu’une amélioration significative de vos performances impactera sur notre croissance et partant sur le développement de notre pays.

Je terminerai mon propos en vous remerciant une fois de plus d’avoir bien voulu honorer de votre présence, la rencontre qui nous permettra, j’en suis persuadé, de poser d’autres jalons pour la réalisation de nos objectifs de développement. Je voudrais vous redire toute la confiance que je place en ce partenariat gagnant- gagnant.

Vive le partenariat public- privé.

Je vous remercie pour votre aimable attention. /-

(é) Louis Paul Motaze.